Tout le monde peut-il entreprendre ?
Je vais peut-être aller à contre-courant, mais non, je ne pense pas que tout le monde soit fait pour entreprendre.
Aujourd'hui, l'entrepreneuriat est presque devenu une mode. Sur les réseaux sociaux, on nous vend la liberté financière, le fait de travailler quand on veut, d'être son propre patron et de ne plus avoir de comptes à rendre à personne.
Mais la réalité est bien différente.
Entreprendre, ce n'est pas simplement avoir une idée, créer une entreprise et attendre que les clients arrivent. C'est prendre des décisions sans avoir toutes les réponses. C'est accepter l'incertitude, supporter la pression, se remettre en question et parfois travailler énormément sans savoir si les efforts finiront par payer.
Et je pense sincèrement que tout le monde n'a pas envie de vivre ça. Ni forcément le caractère pour le supporter.
Mais attention, il ne faut pas confondre entreprendre et vouloir devenir Elon Musk.
C'est aussi là que notre vision de l'entrepreneuriat est complètement déformée.
Elon Musk est entrepreneur. Mais le paysagiste de votre ville, qui a monté son entreprise, trouvé ses premiers clients et qui vit aujourd'hui de son activité, l'est tout autant.
L'un cherche à transformer des industries entières. L'autre souhaite peut-être simplement vivre de son savoir-faire, être indépendant et construire quelque chose à son échelle.
Et aucun des deux n'est moins entrepreneur que l'autre.
Il n'existe pas une seule manière d'entreprendre, mais plusieurs façons de réussir.
Certains veulent bâtir des empires. D'autres veulent gagner correctement leur vie, avoir du temps pour leur famille ou simplement ne dépendre de personne.
Le problème, c'est qu'on associe trop souvent la réussite entrepreneuriale à la croissance, aux millions levés ou au nombre de salariés.
Pourtant, une entreprise qui réalise 150 000 € de chiffre d'affaires, qui permet à son dirigeant de bien vivre et qui répond parfaitement à ses ambitions peut être une formidable réussite.
À l'inverse, une startup qui lève des millions mais dont le fondateur ne maîtrise plus rien de sa vie n'est pas nécessairement un modèle de réussite.
Alors, entreprendre, est-ce une question de caractère ?
Je pense que oui, en partie.
Il faut une certaine capacité à avancer dans le flou, à prendre des risques, à assumer ses erreurs et surtout à agir sans attendre que toutes les conditions soient réunies.
Bien sûr, ces qualités se travaillent. Personne ne naît avec toutes les compétences nécessaires pour diriger une entreprise.
Mais je crois aussi que nous n'avons pas tous les mêmes aspirations, la même tolérance au risque ou le même rapport à l'incertitude.
Et c'est très bien comme ça.
Parce que le monde n'a pas besoin que tout le monde devienne entrepreneur. Il a aussi besoin d'excellents salariés, de spécialistes, de chercheurs, d'artisans et de personnes qui préfèrent contribuer à un projet plutôt que de le porter.
Finalement, je crois que presque tout le monde peut créer une entreprise. Mais cela ne signifie pas que tout le monde est fait pour être entrepreneur, ni que tout le monde y trouvera son bonheur.
La vraie question n'est donc peut-être pas : « Est-ce que je peux entreprendre ? »
Mais plutôt : « Pourquoi est-ce que je veux entreprendre, et quelle vie est-ce que je cherche réellement à construire ? »
Parce qu'au fond, entreprendre ne devrait jamais être une finalité. C'est simplement un moyen de construire la vie que l'on souhaite.
Qu’en pensez-vous ?
Un avis sur l’article, une émotion à partager. À vous de choisir.
Cliquez à nouveau pour retirer votre choix. Les compteurs sont visibles par tous, sans nom affiché.
